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Unicode 19: Pruniers (que notre ciel ne se recouvre pas de cumulo-numbus)

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Que notre ciel ne se recouvre pas de cumulo-nimbus !

 

LE-HUNG,Bruxelles

 

 

En 1992, un groupe de vietnamiens à Paris m'invitait participer à une visite au centre "Làng-Hông" (ou "Village des Pruniers") à Bordeaux, organisée par les anciens amis du chef suprême, le vénérable Thich-Nhât-Hanh. Au retour de la visite , la moine Chân-Không nous faisait chacun un cadeau comme souvenir.  C'est une cassette enregistrée les prières à l'église bouddhique vietnamienne nouvellement reconstituées par le centre. On prie en chantant. La tournure des phrases de l'ancienne bible a été changée. Par exemple au lieu de "nam mô a di dà Phât", on cite "nam mô But a-di dà". Je suis le seul qui, dans le groupe, reçus un livre intitulé" Vê Viêt-nam" (Retour au Vietnam) dont l'auteur est le vénérable Thich-Nhât-Hanh. Un des adeptes le plus intime du vénérable, monsieur Nguyen Thieu, me disait encore que le mot "Phât" était l'appellation du Bouddha par les Chinois, en vietnamien nos ancêtres l'appelaient "But". Cette révélation me rendait encore des respects particuliers au vénérable Thich-Nhât-Hanh.

Je pense que le vénérable Thich-Nhât-Hanh bien qu'il porte la robe d'un moine mais toute sa vie avait consacré à la révolutione de la société. Il veut faire un "révolutionnaire" dans le sens du bien d'autrui. Son travail est toujours suivi d'un programme bien structuré. Comme dans les années de 1963, il fut conseiller particulier dans l'ombre du bonze Thich-tri-Quang dans le renversement du régime catholique Ngô-dinh-Diêm au Vietnam, son ambition d'aujourd'hui, est de transformer le bouddhisme vietnamien, qui, d'après lui, la trace de la culture chinoise. Si les bouddhidtes vietnamiens gardaient encore l'ancienne méthode de citation  choinoise dans leurs prières, d'après lui,  les vietnamiens nourrissaient encore l'arrivée des amis du nord! La diction "renovée" de la bible dans la cassette nous constata que le vénérable Nhât-Hanh voulut changer la ligne classique des bouddhistes au Vietnam. Une réorganisation totale du bouddhisme vietnamien, d'après lui, devrait être remise en cause.

Depuis l'enlèvement du gouvernement de Ngô-dinh-Diêm de 1963, jusqu'à le départ "sans tambour et trompettes" du conseiller Thich-Nhât-Hanh, puis suite à la "divorce" entre les leaders Thich-tri-Quang de tendance progressite centriste, et Thich-tâm-Châu de tendance progressite nordiste, les activités des bouddhistes du Vietnam-Sud n'étaient que des "agissements personnels" qui entraînèrent l'image glorieuse bouddhiste dans le gouffre! Dans les années 1964-1965 des jeunes intellectuels bouddhistes et des politiciens de salon bouddhistes des Pagodes Unifiées avaient été introduits dans tous les postes importants du gouvernement Tran-van-Huong qui, lui, était aussi un bouddiste pur. Mais lorsque celui-ci venait de déclarer que " son gouvernement demandait aux associations religieuses qui restaient dans la limité religieuse", alors il heurtait l'opposition du clan du vénérable Thich-tâm-Châu (Le Monde, 18/12/64), J. Lacouture).

Dans cette visite à "Làng Hông", il y avait des anciens amis du vénérable Thich-Nhât-Hanh avant et après 1975. Au retour, je suis le seul qui avais la "chance" de recevoir le livre "Vê Viet-nam" (Retour au Vietnam). En pensant à ce cadeau exceptionnel, je me posais des questions douteuses. Le livre "Ve Viet-nam" portant le nom du vénérable Thich-Nhât-Hanh publié dans la circonstance d'aujourd'hui me faisait perplexe et soucieux! Je disais "perplexe" parce que le nom d'un ancien ami que je l'adorais hier, collé sur la couverture du livre; et "soucieux" parce que son livre sera le motif pour que les vietnamiens de "boat poeple" se retirent leur confiance du moine. Je doutais fort l'influence de l'oeuvre "Ve Viet-nam" dans la communauté vietnamienne à l'étranger. Les Vietnamiens jeunes et moins jeunes pensaient qu'ils devaient rentrer au Vietnam pour reconstruire la religion "But" du promoteur respecté.

Dans un des bulletins du centre "Orient" édité à Bruxelles, j'aperçus la photo du vénérable Thich-Nhât-Hanh et un article sur le "Zen" qu'il pratiquait au village "des Pruniers" (Làng Hông) à Bordeaux. Des amis m'avaient demandé sur ma connaissance du vénérable et sur notre ancienne amitié, je leur refusais par l'imitation de la phrase du grand moine Lâm-Tê : " cette personne n'est que de la croûte du chien" (Vê Vietnam, Nhât-Hanh, La-bôi, San José, p.34).

Le vénérable Nhât-Hanh a 2 ans plus âgés que moi. Avec son frère aîné Thich-Thiên-Tanh, ils ouvrirent dans les années de 1950 le premier lycée privé bouddhique aux 10, 12, 14 (?), rue Hai-bà-Trung à Dalat, région de la "Terre de l'Empereur" (Hoàng-triêu Cuong-thô). Le collège à un étage porte le nom religieux :"Trung-hoc Tu-Thuc Bô-Dê". Aucun de la région ne savait le nom du propriétaire de l'institut, partout on disait l'école du moine "Nhât-Hanh" (truong thây Nhât-Hanh).

Dès l'enfance, les deux frères Nhât-Hanh furent logés et nourris par le centre de formation des bonzes Bao-quôc à Huê qui fut la seule école de théologie du bouddhisme au Vietnam avant 1950. Après avoir reçu le baccalauréat, ils quittaient le centre Bao-quôc pour s'installer à Dalat dans une circonstance inconnue. On dit que les deux frères voulaient former une nouvelle discipline dans le bouddhisme dont à l'époque les hauts dirigeants bouddhistes à Huê étaient "vieux et grands conservateurs". Les gens de la région de tendance monarchiste Dinh-Trang leur nommèrent "les frères progressistes de tendance gauchiste" et les autres lettrés de tendence Vo-dinh-Cuong leur accusaient " les bonzes du romantisme ". Au côté politique, le gouverneur Phan-van-Giao a donné l'ordre à Nguyen-van-Manh, chef de la sûreté, de les poursuivre.   Je connus ces deux bonzes dans ces circonstances des années de 1950.

On disait souvent de Nhât-Hanh dans les années à l'école Quôc-hoc qu'il fut un élève doué de lettre et de philosophie. Il eut le don de parler, d'expliquer des termes religieux et philosophiques que peu de gens pouvaient le faire. Tous les week-end, avec les "Phât-tu" (bouddhistes) de la région, nous nous regroupâmes dans les pagodes, soit à Dalat, soit à Trai-hâm, soit à Cau-dât ou  Dôn-duong...sous le nom "Mouvement de Jeunessse au Service Social" (Phong-trào Thanh-niên Phung su Xa-hôi). A l'époque les associations culturelles et sociales furent reconnues comme des mouvements gauchistes de tendance communiste. A la gare de Câu-dât, le policier Tôn-thât-Dinh (futur général de l'armée vietnamienne Saigon) fusilia le président d'une association sociale de la région, accusé agent du Viet-minh. La police nationale ne fut composée que des anciens du service de Sûrété française qui les surveillèrent le derrière. Le Mouvement de Jeunesse changea de nom en y ajoutant le terme "phât-tu" qui devint "Mouvement des Jeunes Bouddhistes au Service Social" (Phong trào thanh-niên phât-tu phung-su xa-hôi) dont les frères Nhât-Hanh et Thiên-Tanh, secondés par des chefs religieux des pagodes de la région, furent les guides spirituels. On l'appela " Mouvement des jeunes bouddhistes", mais en réalité il y eut une participation d'un grand nombre de personnes âgées. Nous aimâmes Nhât-Hanh et son frère. Nous les respectâmes. Avec eux, nous gardâmes un sentiment "mélangé", moitié fraternel, moitié spirituel, moitié religieux, moitié laïque. Nous voulûmes que la semaine se passa plus vite pour  revoir Nhât-Hanh. Nous le cherchâmes dans toutes les heures creuses pour apprendre la philosophie de bouddha que depuis longtemps aucun de nous ne put expliquer. En réalité nous fûmes attachés par ces rencontres parce que nous y discutâmes souvent des problèmes sociaux causés par une lourde hiérachie de notre religion et de la politique sociale de l'époque.

Par surprise, les deux frères Nhât-Hanh et Thiên-Tanh quittèrent la région sans tambour ni trompette. L'école "Bô-Dê" fut fermée sans raison. Les élèves ne connaissèrent rien. Les chefs religieux des quartiers ne surent pas. Furent-ils emprisonnés ? Assassinés? Les uns demandèrent les autres les nouvelles de ces deux bonzes frères. Des hommes, des femmes, des jeunes...eurent pleuré Nhât-Hanh. A Saigon, les pirates Binh-xuyên se soulevèrent contre le gouvernement Ngô-dinh-Diêm. A Dalat, la villa du "seigneur Binh-xuyên" se trouva au bord du lac Hô-xuân-Huong, qui fut devenue le point de raliement des troupes de Bay-Viên et des caodaistes de Hô-han-Son. Aucun ne put sortir de la ville, sauf les mouvements des troupes de ces deux forces. Deux anciens membres du Mouvement des jeunes bouddhistes à Câu-dât et à Dalat, Nguyên-van-Tùng et Nguyên-van-Hoi, officiers de Binh-xuyên, me signalèrent qu'ils avaient vu Nhât-Hanh à Saigon. Quelques mois après, les Binh-Xuyên de Saigon furent nettoyés par le gouvernement Diêm, je retrouvai Nhât-Hanh dans une pagode qui appartenait aux bouddhistes des sudistes (Chùa miên Nam) à Saigon dont le vénérable supérieur, un sudiste grand à lunettes, s'appela Thich-thiên-Hoà (Hoà avec accent grave). Je retins le nom du vénérable supérieur parce que Nhât-Hanh me présenta à lui pour demander me loger pendant la nuit. J'oubliais le nombre de nuits que je restai avec Nhât-Hanh à cet époque.

Cette nuit "historique", nous deux nous allongeâmes sur un même lit placé dans une petite chambre de 16 mètres carrés environ. Nous ne dormions pas. Thich-Nhât-Hanh me dit qu'il suivit les cours de lettre à l'université de Saigon. Les week-end il s'occupait les jeunes scouts bouddhistes ou participait aux réunions avec les adultes bouddhistes sudistes. Parfois on lui demandait d'être conférencier pour les séminaires. Rien d'autres. Puis la guerre nous sépara depuis.

A l'époque, je connus très vaguement le bouddhisme et son organisation. A ma connaissance et comme la plus part de la population ne distinguèrent pas entre les bouddhistes et ceux qui pratiquèrent le culte des ancêtres. Pour moi, celui qui utilisa les "baguettes d'encens et les bougies" dans les cérémonies fut considéré "bouddhiste". Le respect réservé aux bonzes célibataires et mariés ne changea rien.  Le bonze supérieur de la pagode de mon village fut le chef d'un ménage de 5 ou 6 enfants. Tandis que les autres moines subordonnés du même temple restèrent célibataires. Lorsque mon père m'amena à la pagode dans les soirées de mi-mois, sur l'autel je vis aussi des baguettes d'encens, des bougies comme chez moi à la maison pendant les cérémonies. Une seule différence entre la maison et la pagode ce fut des grands statuts de bouddha. Je ne savais pas qu'il existait des relations entre les églises bouddhiques ou non. Mon père me dit que chaque "ky" (région) eut son organisation propre et autonome. A Huê, les bouddhistes furent nombreux, peut-être parce que fut-ce la religion de l'Empereur depuis la création du Royaume. La vie et les activités de la communauté des clergés restèrent dans une hiérachie absolue. Le Centre Bao-quôc, la grande école de théologie du bouddhisme la plus importante au Vietnam fut dirigée par un "Su Cu". Le terme "Su Cu" signifia celui qui était le plus ancien et plus âgé parmi les moines. Au-dessous du "Su Cu" furent des "Ty-kheo", ceux qui portètent des robes en soie safran. Après, les "chu diêu" qui s'habillèrent des robes en tissus bruns foncés (ao mâu nâu). Les appellations " Dai-duc, Thuong-toa, Hoà-thuong, Hoà-thuong tôi-cao..." furent apparus dans les années après 1960.

En 1950, un nouveau courant souffla dans le rang bouddhiste. Des nouvelles pagodes furent construites dans le pays. Les adultes allèrent de plus en plus nombreux à la pagode. Leurs enfants s'engagèrent dans le mouvement des scouts bouddhistes. Les mouvements des jeunes bouddhistes organisés par les deux frères Nhât-Hanh et Thiên-Tanh firent bruits dans la communauté Tu-Dàm d'où un bon nombre de bonzes progressistes parmi lesquels il y eut Thich tri Nghiêm (Thich thiên-Minh), Thich tri Quang, Thich Huyên Quang qui voulurent réorganiser la communauté bouddhiste du Vietnam-centre. A partir du moment, un nouveau organigramme de la communauté fut né et les bouddhistes du Viet-nam-centre se partagèrent en sous groupes appelés départements (vùng). De Tourane vers le nord fut guidé par le vénérable Thich-tri-Quang. De Quang-ngai à Nha-trang fut placé sous Thich-huyên-Quang. De Cam-ranh à Phan-rang et Dalat fut sous Thich-tri-Nghiêm (Thich-thiên-Minh). Le dernier fut le célèbre "arrangeur" des affaires internes entre les bouddhistes . Il fut aussi le grand "organisateur" des mouvements des jeunes bouddhistes de toute la région du centre. Le centre Bao-quôc resta le cerveau du bouddhisme au Vietnam. Deux nouvelles écoles de théologie bouddhique furent créées à Binh-Dinh et à Nha-trang. Celle de Binh-dinh fut dirigée par Thich-huyên-Quang qui est actuellement représentant officiel des Eglises Unifiées du Bouddhisme. Celle de Nhatrang fut construite sur une colline et dirigée par Thich-thiên-Hoa (?). Dans les années de 1958 je devins directeur du lycée "Trung-hoc Bô-dê Nha-trang" avec deux élèves bonzes que j'estimai bien : Thich-thiên-Châu, actuel vénérable supérieur de la pagode Truc-Lâm près d'Orly et Thich-thiên-Giai, professeur à l'université Van-Hanh Saigon. Le vénérable Thich-tri-Nghiêm, avec sa "deux chevaux", m'accompagna dans les provinces de la région pendant les week-end. Ce fut à cette époque que je connus les hauts dignitaires bouddhistes.

Je ne sais pas à quel moment que je ne me rendis plus à la pagode. Mes parents pleuraient en raison de mon attitude. Ils pensaient que je les aurais oubliés après leur mort. Mais je ne revins pas à la pagode, parce que j'eus la conviction que les bonzes faisaient de la politique. Ils profitèrent la pagode pour leurs fins. Ils trompèrent leurs disciples pour leurs "oeuvres inconnues". La pagode, pour moi, fut le lieu où l'on parla de la miséricorde, de l'affection, de la générosité, de l'amour, la politique non. Je quittai définitivement la cour des églises bouddhistes après les événements de 1963, l'année où le monde vit l'image d'un vénérable se brûler sur la rue de Saigon . Ensuite sur l'ordre de Thich-tri-Quang les autels des ancêtres s'étalèrent sur les rues de Danang, de Qui-nhon, de Huê...Mes amis m'avaient collé le titre "infidèle", un anti-bouddiste! Tout cela était étranger par ma conception.

Je ne compris pas très bien le but de la visite à Làng Hông, mais parmi eux, Nguyen-kim-Khanh, un ancien ami de Nhât-Hanh, qui fut au courant que je connus "Thich-Nhât-Hanh" et de ma part j'aimerais voir ce dernier une fois. J'accompagnais ma femme pour y passer un week-end de "retraite" dans l'idée de voir sur place la vie au temple. A l'arrivée au centre Làng Hông, j'entendis des "bruits" qui courent entre les séminaristes et les adeptes et je pensais que la visite du village "Làng Hông" fut facile malgré que ses routes boueuses et sinueuses. Mais le chemin qui conduisait les disciples pour arriver devant la "beauté" de Nhât-Hanh fut très longue, plus longue que celui dans la citadelle de Huê sous les dynasties des Nguyên! Je me demandais qui a inspiré ce protocole. Je ne crus pas qu'un moine si simple comme Nhât-Hanh a inventé cette procédure. "A toute époque dans l'histoire du Vietnam, les entourages firent pourrir leurs leaders", je pensai!

J'avais entendu qu'à Làng Hông tout doit être  passé par la porte de la moine Chân-Không dont l'âge balança à celui de Nhât-Hanh. Notre arrivée a été informée à la moine depuis avant 2 semaines. Ce cas exceptionnel était grâce à Nguyên-Thiêu, un "défricheur-fondateur" du village des Pruniers. Khanh me disait qu'à chaque racine des prumiers et à chaque fossé sceptique à Làng Hông il y avait de la sueur et de larmes de Nguyên Thiêu et sa famille. Mais depuis la présence de la moine Chân-Không au village, le "défricheur-fondateur" et sa famille durent partir ailleurs. Le père habitait dans un taudis au milieu une immense "forêt" de l'environ, tandis que la mère et les enfants étaient à Paris 13è.

Ce soir là, on nous logea dans une maison ensemble avec les séminaristes masculins. Ma femme avec les bonzesses dormait dans un autre bâtiment. Je ne sus pas la composition  de la chambre à coucher des féminins. Mais chez les masculins, chacun eut un lit, l'un à côté de l'autre. Au milieu de la salle quelqu'un avait mis du feu pour nous réchauffer.

Quelques séminaristes venus de l'étranger partagèrent notre présence cette nuit-là : un ancien vétéran américain dans la guerre du Vietnam qui fut moitié déséquilibre, un jeune vietnamien de boat-people ingénieur en informatique de Hollande, un adulte vietnamien de boat-people garagiste, de Nouvelle-Zélande, un stagiaire vietnamien boursier du gouvernement d'Hanoi, un costeau vietnamien boat people réfugié de Californie. Je tins à coeur que tous ces gens dans la première rencontre ce soir-là furent soit divorcés, soit subits des coups de foudre, seul l'Américain fut moitié fou (?); peut-être c'était à cause de la guerre au Vietnam. Chacun porta dans son corps un problème psychologique. J'eus l'impression que je visitais un centre psychatrique. Je parcourais la cuisine d'un regard. Un groupe de personnes préparait la soupe de nouilles. Autour du feu, chacun déclina son identité puis des conversations s'engagèrent : (je ne sus même pas qui avait dirigé cette réunion).

-"Je viens ici pour étudier les engagements et recevoir de mon supérieur honorable Nhât-Hanh des instructions avant rentrer au Vietnam", dit le jeune ingénieur informatique qui avait attrappé un coup de foudre en Hollande.

-"Nous devons rentrer au Vietnam pour reconstruire le pays", dit le Vietnamien garagiste divorcé de Nouvelle-Zélande.

-"C'est très bien, mais pourquoi fuis-tu parmi les boat-people"? questionna calmement Nguyên-kim-Khanh.

-"Les parents vietnamiens, les gens de la génération de nos frères âgés (dàn anh chung tôi) ont commis beaucoup de fautes. Ils corrompent. Ils sont méchants. Ce sont des fantoches qui louent les armes des Américains pour tuer le peuple", ajouta le "costeau vietnamien" de Californie.

-"Vous êtes des malhonnêtes, des traîtres, avant vous déclarez devant les HCR que vous ne pouvez pas vivre avec les communistes. Vous faites boat-people. Maintenant vous avez de quoi à manger, vous recevez de dollars américains, vous parlez de la pitié, de ceci, de celà...", tonna énergiquement l'artiste à la colline de Montmartre, Nguyên-van-Liêm.

Le boursier d'Hanoi ne parla pas.

......

Je ne connais pas l'origine de la haine. Je ne compris non plus qui a provoqué la question "Retour au Vietnam" (Vê Viêt-nam). Dans ma mémoire réapparurent des séances de débats politiques préparées par les cadres du Parti communiste dans les années de 1945.  Le dialogue entre le groupe devint de plus en plus grave. Chacun tint sa position! Grâce à cette conversation "primitive", je reconnus que la réunion fut préparée d'avance par quelqu'un mais le niveau de connaissance des personnes mises en place fut trop bas par rapport à Khanh et Liêm. Je passais  une nuit de "retraite" très déçue et très désagréable.

 

Le lendemain, je me levai vers 6 heures. Je fis un tour dans les maisons. Ici des bonzes travaillèrent avec le computeur, là des bonzesses regardèrent ou lurent les bibles. Je pensai à regarder le clocher que le menuisier vietnamien de Rumilly m'a racconté le mois dernier. Celui-ci dit que le vénérable Nhât-Hanh ne le paya pas correctement comme prévu. Avant on lui proposait 8000,FF, maintenant il ne reçut que 3000,FF. Le vénérable modifia toujours le plan et parfois utilisa des paroles de même formule des communistes. Il le détesta et se décida de rentrer à Rumilly avant la finition. Au pied de la tour, le vietnamien divorcé de Nouvelle-Zélande raconta devant moi et Khanh que la communauté  profite de lui pendant sa retraite. Il fut garagiste à Nouvelle Zélande c'est pourquoi il connut la soudure. Depuis deux semaines il travaille à la soudure du toit du clocher tout seul. Il prévoit un retour  à Sydney avec sa soeur, etc...Ce fut drôle les nouvelles, je pensai.

Vers 7 heures, Nhât-Hanh arriva. Je ne sus pas où il habita. Je le croisais à la porte d'entrée. Il s'arrêta, me regarda puis me dit :

-Qui vous êtes ? Je vous ai connu où . (Anh là ai? Tôi xem quen dâu).

-A Dalat, je lui répondai par surprise.(Tai Dalat).

Puis Nhât-Hanh entra dans la chambre à côté pour changer ses habits avant de pratiquer une séance de gymnastique avec une trentaine de personnes qui étaient déjà prêtes devant la cour. Ce matin là, le ciel de Bordeaux se ressembla à Dalat. Dans le froid et la brume, sur le chemin une longue file fantômatique, masculins et féminins, tout le monde suivait  le vénérable à pas "très lent et très léger". J'eus l'impression que le groupe avait peur que leur pas tuerait par hasard une bête et ce, défendu par la doctrine bouddhiste. Ils s'arrêtèrent sur une pelouse loin du temple de 100 mètres environ. De loin je les vis faire des gestes respiratoires. Au bout d'une trentaine de minutes ils retournèrent au temple dans le silence et dans les mêmes mouvements. Je restai devant la maison de conférence à côté d'un buisson de bambous avec mon caméra. Je voulus saisir quelques photos pour garder un souvenir d'une vie réelle au village des Pruniers, pour moi, pour ma famille. Je ne compris pas ce travail  vexerait-il la communauté ou non? Ce matin là, je n'eus pas faim.

Je suivis les autres pour entrer dans la petite cabane de conférence où je m'installai avec mon caméra à la droite de Nhât-Hanh, en face des séminaristes. Les places de devant furent réservées aux personnes qui participèrent officiellement au séminaire, c'est-à-dire des personnes qui avaient payé pour se nourrir toute la durée du séminaire. Il y ajouta une quinzaine de personnes que je vis hier soir. Sur la chaise d'extrême gauche, se plaça la moine Chân-Không se chargea du travail d'interprète en anglais. Aucun ne faisait l'interprète en français. Au-dessus d'une estrade, assis sur une chaise, Nhât-Hanh expliqua le "Dia-tang-Kinh" en vietnamien. Les bonzes et les séminaristes avaient pris les chaises de la première rangée dans un habit spécial, une sorte de tunique de couleur brun foncée. La mère et la fille que j'avais rencontrées hier se plaçèrent sur deux chaises au milieu de la deuxième rangée. Khanh me dit qu'elles étaient originaires d'un village des pêcheurs à Cua Thuân (embouchure de la mer à Huê). Elles vinrent de Californie. Elles parlèrent avec un accent Huê ressemblant à Khanh. Ce que j'admirai pendant deux heures d'explication des termes philosophiques dans le grand livre canonique Dia-tang-kinh par le vénérable, les deux "mère et fille" restèrent immobiles dans la position des érudits sous les bananiers dans partout des livres. Leurs yeux fermaient, leurs mains se tenaient devant leur poitrine.

Quand Nhat-Hanh prit un exemple pour expliquer "l'image trompée" : "Le garçon et la fille, dès leur première rencontre chacun trace dans sa tête une image à sa façon. Le temps se passa, ces deux images se formèrent en une troisième. Le garçon et la fille aimèrent l'image, en croyant que c'était son image personnelle". Je me fus dit comment ces deux "pêcheuses" saisirent-elles  cette explication. Comment ce garagiste, même le jeune ingénieur informatique attrappèrent-ils " l'image trompée " de Nhât-Hanh? Mais ils ne bougèrent pas comme s'ils comprenaient très bien ce que Nhât-Hanh expliquait. Chapeau!

Tant que j'imaginai la séance de conférence, encore je comprenai profondément la signification du théorème de mon professeur, Mr. George Guislaine, à l'Université Libre de Bruxelles, quand il disait qu' "une personne a des opinions plus proche des leurs, ils sont plus enclins à être attirés par cette personne". Nhât-Hanh explique une théorie philosophique mais religieuse. Grâce au titre religieux, il attire facilement ses adeptes. De là, je ne croyais pas que ces personnes arrivèrent à Làng Hông, ce n'était pas pour étudier les leçons de philosophie ou de religion mais parce qu'ils étaient attirés par l'image fantomatique de Nhât-Hanh. Ils sont là pour Nhât-Hanh, pour un bonze qui avait fait "bouger" des gouvernements vietnamiens dans les années de 1970. Leur participation et leur présence autour du bonze n'étaient qu'un effet  psychologique, le refoulement le plus simple d'un état d'esprit d'une classe oubliée. Cette nouvelle force que l'on appellait "fanatique" devenait souvent dangereuse.

Après la séance d'études "philosophiques et religieuses" ce fut l'heure de repas du midi. Sur deux grandes tables de 4 mètres de long, les bonzesses avaient mis des assiettes, des cuillères et des grandes sébiles. Nhât-Hanh prit la tête de la file, les bonzes, bonzesses puis les séminaristes. Ma femme et moi, nous fumes les derniers. Au début, je pensai que les sébiles furent réservés à tout le monde. Ce fut faux! Seuls Nhât-Hanh, les bonzes, les bonzesses et les séminaristes purent les servir. Les sébiles furent déjà comptées. C'est une sorte de bols, coûteux, en bois laqué comme ceux que j'avais vus à Bangkok chez les pagodes. Je fus le dernier de la file. Je me servis assez bien. Tout le groupe, avec son bol ou son assiette, suivit Nhât-Hanh entrer dans une grande salle de la maison principale "trai duong" (maison des végétariens). Cette maison fut réservée au culte de "Thé". On buvait le thé en chantant suivant un rythme spécial et le son d'une clochette. Nhât-Hanh, les bonzes, les bonzesses et les séminaristes s'assayèrent d'un côté. Ils furent assis en tailleur, le buste droit, les mains sous leur sébiles, paumes vers le haut, posées l'une sur l'autre. Nous, en face opposée, les imittâmes dans les mêmes gestes. Un séminariste frappa un coup léger sur une clochette et le repas commença.

Manger chez eux n'était pas facile comme vous le pensiez! Lorsque je mis ma première cuillère à ma bouche, un autre coup de clochette s'élèva, tout le monde resta immobile! "Il ne faut pas mâcher quand vous entendez le coup de la clochette", me recommanda le voisin. J'entendais le bruit croquant d'un salade qui sorta de la bouche de quelqu'un de mon côté . Je lançai mon regard vers lui et j'aperçus Khanh qui me regardait dans un air d'envie de rire et moi, je sentis mal à mon bas-ventre!

"Ce fut la méthode à table des "Zen", je me disais. On mange dans la méditation. On respire dans la sérénité. "Inspirant, je calme mon corps. Expirant, je souris... Réciter cela, c'est comme boire un verre  de jus de citron frais par une chaude journée" (La sénérité de l'instant, Thich-nhât-Hanh, p.23). Quand la deuxième cuillère arriva à ma bouche, la pendule sur le mur sonna. Tout le monde s'arrêta de mâcher. Et ainsi de suite les mêmes rythmes suivèrent et j'ai dû finir mon assiette par avaler sans mâcher. J'oubliai de prendre l'eau dans ce repas. Ce fut exceptionnel jamais vu dans mes soixante dix ans, même les jours depuis à Dalat!

Lorsque le repas fut fini, Nhât-Hanh nous invita dans son temple personnel. Nous y trouvâmes une ambiance très intime. Il enleva son hamac en chanvre pour laisser une grande tapie au milieu de la salle où chacun des invités s'assaya sur un coussin multicolore. Nous fûmes à cinq :Nhât-Hanh, Khanh, Liêm, ma femme et moi. Rien de spécial dans notre conversation, sauf le livre d'Histoire du Vietnam utilisé dans l'enseignement secondaire au Vietnam actuel que le gouvernement d'Hanoi dit qu'il fut l'auteur. En réalité l'auteur du livre fut Nhât-Hanh lui-même. Il fut conclu que le Parti communiste lui avait volé le "cerveau". Après 5 minutes, la moine Chân-Không participa à notre causerie sous prétexte de nous servir le thé. Quelqu'un me dit que ce fut une forme de censure!

C'est amer de dire que je termine ma visite à Làng Hông avec un déçu total.

 

Sur le chemin de retour, Nguyên-Thiêu me disait que le vénérable Nhât-Hanh lui donnait la nouvelle d'un des collaborateurs vint de  mourir en lui prêtant la question : "Quand cet événement nous arrivera-t-il?". La question Nhât-Hanh renfermait des "prémisses implicites", c'est-à-dire des propositions cachées qu'il ne voulait pas les prononcer, soit par sa conscience soit par une force quelconque. Je compris que dans l'instinct le plus profond de Nhât-Hanh il y eut quelque chose qui le dérangeait. Hélas, il ne put pas faire le contraire ! Comme il avait révélé dans son livre :" Nous voulons rentrer au Vietnam pour renouveler l'éducation religieuse, pour servir les jeunes et les générations futures. Mais il y aura des éléments dans la communauté bouddhiste des Eglises Unifiées qui accusaient que nous sommes des sectateurs progressistes qui voulaient ramener des idées sorcières dans le bouddhisme (Chung ta co y huong muôn vê dê dôi moi duong tu hoc, phuc vu cho gioi tre và cac thê hê tuong lai. Nhung se co nhung thành phân trong nôi bô Phât-giao nghi rang chung ta qua khich, muôn dua nhung tu tuong tà ma ngoai dao vào trong chanh phap" (Vê Viet-nam, La Bôi, page 47) et eux, au nom du Bouddha, au nom de la religion légitime, au nom du peuple pour nous écraser et pour nous détruire (và ho se nhân danh But, nhân danh dao phap, nhân danh dân tôc dê dâp pha và tiêu diêt chung ta (Vê Viêt-nam, La Bôi, page 48).

En 1961, Nhât-Hanh fut étudiant et enseignant dans les universités de Columbia et de Princeton. " Le disciple de Thich-tri-Quang, le plus connu en Occident, Thich-nhât-Hanh" en 1963, rentra au Vietnam pour contribuer au mouvement de renversement le régime Ngô-dinh-Diêm. Il a été soutenu par les mouvements gauchistes en France et aux Etats-Unis. Sous la pression de ces mouvements, le nouveau ambassadeur Cabot Lodge accepta le refuge de Thich-Tri-Quang dans la nuit du 20 août. (p.364, catholiques et bouddhistes au Vietnam, Piero Gheedo). En 1964, avec un groupe d'universitaires, professeurs et étudiants, Nhât-Hanh créa l'Ecole de Jeunesse pour le Service social, nommée par les Américains "Little Peace Corps", qui a pour mission de se rendre dans les campagnes pour reconstruire les villages bombardés. En 1966, l'université de Cornell aux Etats-Unis le soutint à "décrire les aspirations des masses silencieuses du Vietnam et leurs terribles souffrances" (New Yorker,25/6). Il parla de manière convaincante en faveur d'un cessez-le-feu et de négociations pour la paix. Nhât-Hanh a un soutien sans faille de Martin Luther King Jr. Pendant une conférence de presse à Chicago, en présence de Nhât-Hanh, en grande partie d'ailleurs à cause de son influence, il dit ouvertement son hostilité à la guerre.(La sérénité de l'instant, Edition Dangles,p.13). En 1969, au nom de l'Eglise bouddhiste Unifiée fondée par Tri-Quang, Nhât-Hanh chef d'une délégation bouddhistes participait aux Conférences de Paix à Paris. C'était Nhât-Hanh qui aida Thich-tri-Quang fuir à l'ambassade des Etats-Unis sous le régime Diêm. Dans ces années, Nhât-Hanh aidé par son secrétaire Vo-van-Ai, a publié beaucoup d'articles qui contribuèrent à la chute de Saigon dans les années de 1975. Ses publications influencèrent beaucoup le monde politique et religieuse dans le monde. Au Vietnam, "sa plume a tué des régiments de l'armée de Saigon", me disait son ami, Nguyên-kim-Khanh.

Ce qui nous avait frappé maintenant c'était l'état des mouvements bouddhistes intérieurs et extérieurs du Vietnam, entre Nhât-Hanh , et autres mouvements bouddhidtesdans le front des Egilises Unifiées. En Europe, avaient-ils des problèmes "douteux" entre les groupes Làng-Hông et Khanh-Anh?

Dans tous les journaux religieux de tendance des Eglises Unifiées on n'a jamais vu  des articles réservés à Thich-tri-Quang! On ne demandait de libérer les vénérables Thich-huyên-Quang, Thich Quang Dô, Thich Tri Thu. On se demande pourquoi les mouvements bouddhistes oubliaient Thich-tri-Quang, un bonze qui avait "balayé" les catholiques diemistes dans les années de 1963? Pourquoi ces mouvements bouddhistes ne demandaient pas libérer Thich-tri-Quang. Pourquoi Nhât-Hanh ne dit pas un mot sur son ancien guide Thich-tri-Quang? Le vénérable avait fait une oeuvre ouverte en publiant le livre intitulé "Vê Viêt-nam" (Retour au Vietnam) dans lequel il invitait les boat people innocents, comme ceux que j'ai rencontrés à Làng Hông,  rentrer vite au Vietnam!

 

Les mouvements bouddhistes recueillis dans les masses médias présentaient aux lecteurs des sentiments "douteux" vis-à-vis de quelques leaders bouddhistes vietnamiens, parmi lesquelles je voudrais citer ceux de Khanh-Anh à Paris et Làng Hông (village des Pruniers) à Bordeaux. A Khanh-Anh, le vénérable Thich-Minh-Tâm demandait aux vietnamiens de boat people unis à lui pour la lutte de libération totale des bouddhistes emprisonnés au Vietnam. Au centre Làng Hông, le vénérable Thich-nhât-Hanh proposait aux vietnamiens de boat people rentrer au Vietnam pour une autre lutte dans la rénovation du bouddhisme. L'un voulait abattre avec les communistes, l'autre avec les bouddhistes.  Pourquoi y avait-il des contradictoires ?

Dans le bouddhisme d'aujourd'hui il y avait deux manières d'exprimer son attitude. La première manière est l'agitation, c'est-à-dire à l'action ouverte. Les vérérables parlaient du problème en tant que "leaders spirituels" qui voulaient donner un souffle vital à leurs adeptes pour construire l'Eglise. La deuxième méthode est appliquée dans le cas où les vénérables jugeaient que les revendications de la masse n'apportaient rien à l'Eglise, alors ils se retiraient dans le silence. Ils demandaient à leurs troupes d'appliquer la bible du Bouddha: le "mac tân" (silence total).

Je peux relever quelques exemples :

a) Le vénérable Thich-Minh-Tâm testait bien le pouls de la masse vietnamienne. L'aspiration de la masse est de libérer totalement des prisonniers politiques au Vietnam. Le vénérable profitait pour demander au régime d'Hanoi libérer les vénarables Thich-huyên-Quang et autres leaders bouddhistes. L'agitateur déclenche ses campagnes ouvertes qui ont été suivies très large dans la communauté vietnamienne de l'étranger. Les vietnamiens de boat people le respectaient et l'avaient supporté moralement et matériellement.

Mais le fait qu'il avait pris de l'argent de la religieuse Thanh-Hai Vô-Thuong-Su, chef suprême d'une religion à Taiwan, au nom des boat people dans les camps des réfugiés pour ses affaires personnelles, fut inacceptable! Les adeptes plus proches de la religieuse Thanh-Hai m'avaient raconté que le vénérable Thich-minh-Tâm avait reçu 20.000, dollars de leur maître pour une autre affaire inconnue!  A Paris, les collaborateurs du vénérable dans l'action Droit de l'Homme dénonçaient son attitude équivoque et douteuse. Le vénérable Thich-minh-Tâm appliqua la méthode "mac tan", c'est-à-dire il se retira dans le silence total!

b) Quant au vénérable Thich-nhât-Hanh, celui-ci voulait renover la religion bouddhique au Vietnam. Bien qu'il soit rejeté par la masse des bouddhistes de tendance des Eglises Unifiées, il connaissait encore derrière lui, un nombre de bouddhistes progressistes. Aidé par un nombre d'étrangers, il faisait la campagne ouverte dans le rang des réfugiés de "boat-people" pour les inviter à rentrer au Vietnam dans le but de transformer le "Phât" en "But" qui, selon lui, était le vrai bouddhisme vietnamien. Un bon nombre de vietnamiens le voyaient parce que son mouvement avait été manifesté ouvertement.

Mais lorsque son "camarade combattant" Vo-van-Ai, ancien secrétaire général des mouvements bouddhistes à l'étranger dans les années de 1965 manifestait contre Nhât-Hanh en exposant dans le magazine "Quê Me" les "secrets douteux" du vénérable .  Le promoteur " du village des Pruniers avait appliqué l'éducation " mac tân ". Il restait dans le silence total. C'est pourquoi depuis des années, la relation entre les deux "camarades combattants" fut coupée définitivement; chacun, à sa manière, continuait son chemin de lutte!

Que la méthode " mac tân " du bouddhisme " Phât " et " But " était vraiment sacrée!

J'écrivis ces mots, mais mon coeur se serrait parce que Nhât-Hanh restait dans moi. Je gardais toujours l'amitié de la jeunesse. Je mis ces mots sur les papiers avec ma conscience parce que je ne voulais pas que mes amis bouddhistes furent abusés par les leaders pareils. Enfin, je ne voulais pas non plus que mes enfants, vos enfants , mes petits enfants comme les vôtres, ne seront pas tombés dans le même piégeage.

 

Que le ciel de notre monde ne se recouvre pas de cumulo-nimbus qui provoqueront des ouragans sur la tête de nos enfants!

 

 

 

LE-HUNG, Bruxelles, mai 1995